Un guide pratique de la nutrition pour les personnes vivant avec le VIH/sida

2.2 Gérer les effets du VIH et des médicaments sur le corps

Les interactions entre les aliments et les médicaments

Si vous suivez les recommandations alimentaires concernant vos médicaments, le risque de résistance virale sera réduit. Renseignez-vous à ce sujet auprès de votre médecin ou pharmacien.

Les interactions qui ont lieu entre votre corps, le VIH, les médicaments et la nutrition sont complexes. Les nutriments et les autres substances présents dans les aliments peuvent interagir avec vos médicaments anti-VIH et les autres médicaments que vous prenez. Cette interaction peut rehausser ou diminuer l’effet des médicaments. De plus, certains aliments influencent l’absorption des médicaments, d’où l’importance de suivre les recommandations alimentaires associées à certains médicaments. Si vous ne suivez pas ces recommandations, les taux de médicament dans votre sang risquent de diminuer à un point tel que l’effet ressemble à celui d’une dose manquée. Un tel phénomène peut entraîner une résistance virale et la nécessité de changer de traitement.

De façon générale, le fait de prendre ses médicaments avec un peu de nourriture peut améliorer la tolérance et réduire les effets secondaires, à condition que la nourriture ne soit pas interdite avec le médicament en question.

Équilibrer la nourriture et les médicaments
  • Familiarisez-vous avec les recommandations alimentaires associées à vos médicaments. Le respect de ces recommandations contribuera au succès de votre traitement;
  • Si vous n’êtes pas obligé de prendre vos médicaments à jeun, essayez de grignoter quelque chose avec chaque dose. Les médicaments seront ainsi plus faciles à tolérer, et plus particulièrement la dose du matin;
  • Demandez conseil à votre équipe de soins en ce qui concerne les effets secondaires. Vous trouverez des idées à Gérer les symptômes et les effets secondaires sur la façon dont les aliments peuvent vous aider.

La lipodystrophie

Le syndrome de lipodystrophie est le nom donné à un ensemble d’affections distinctes mais apparentées qui semblent être causées par la multithérapie antirétrovirale. La  lipodystrophie est caractérisée par plusieurs problèmes distincts, y compris une perte ou une prise de graisse anormale et des complications métaboliques. Ces problèmes peuvent se produire indépendamment ou en même temps. On parle également de la lipodystrophie dans le Guide pratique des effets secondaires des médicaments anti-VIH de CATIE. Trouvez-le à l’adresse www.catie.ca. Ou composez le 1-800-263-1638 pour parler avec un éducateur en info-traitements.

Une distribution anormale de la graisse

La perte de graisse – Le terme lipoatrophie désigne la perte de graisse sous-cutanée (la graisse située juste sous la peau) dans le visage, les bras, les jambes, les fesses et, parfois, le tronc. La lipoatrophie se distingue de la fonte musculaire qui caractérise le syndrome de dépérissement (perte de masse maigre). Une perte de graisse peut être troublante, mais la perte de masse maigre est un problème médical bien plus grave (voir « La perte de poids et le dépérissement » ). Si vous remarquez que vos membres ou vos fesses ont maigri, plutôt que de supposer que c’est une simple perte de graisse, il est important de déterminer si la masse musculaire a également été touchée. Parlez-en avec votre médecin.

La lipodystrophie peut être difficile à traiter. Parlez-en avec votre médecin.

La lipoatrophie est difficile à corriger, et les traitements nutritionnels ne sont pas efficaces. Il est important de comprendre que toute perte de poids aggravera la fonte de graisse, surtout au visage, et que la graisse perdue ne reviendra pas nécessairement à la suite d’une éventuelle reprise de poids. Renseignez-vous sur les moyens de combattre la lipodystrophie auprès de votre médecin.

L’accumulation de graisse – Une autre caractéristique de la lipodystrophie est l’accumulation de graisse dans diverses parties du corps, notamment autour des organes de la cavité abdominale, dans les seins, sous forme de coussinet de graisse entre les omoplates ou sur la nuque (parfois appelé « bosse de bison »). Dans certains cas, on observe également une accumulation de graisse sous-cutanée sur le dos, particulièrement chez les femmes.

Ce genre d’accumulation de graisse est différent d’une prise de poids normale. Ce problème peut être difficile à traiter, mais certaines personnes ont réussi à atténuer l’accumulation de graisse abdominale grâce à l’exercice et à des modifications alimentaires. Parlez-en avec votre médecin.

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Les complications métaboliques

Les maladies du cœur demeurent la première cause de mortalité dans le monde développé, et les facteurs de risque sont nombreux. Certains facteurs sont immuables, tels que l’âge, le sexe, l’ethnie et les antécédents familiaux. D’autres facteurs de risque peuvent être atténués : un taux de cholestérol ou de triglycérides anormal, le diabète ou l’insulinorésistance, l’hypertension, l’obésité, un tour de taille excessif, le tabagisme et le manque d’activité physique. Certains médicaments anti-VIH peuvent aggraver ces facteurs de risque en modifiant les taux de lipides sanguins, en entraînant l’insulinorésistance ou en augmentant la quantité de graisse abdominale.

La dyslipidémie et les maladies du cœur – Le terme dyslipidémie désigne la présence d’un taux de lipides (graisses) anormal dans le sang. Les différents types de lipides qui sont habituellement mesurés sont le cholestérol HDL, le cholestérol LDL, les triglycérides et le cholestérol total. Le cholestérol HDL (lipoprotéine de haute densité) est le « bon » cholestérol parce qu'il débarrasse le sang des lipides. Le cholestérol LDL (lipoprotéine de basse densité) et les triglycérides sont les prétendus « mauvais » lipides. Le cholestérol total est une mesure de tous les types de cholestérol (HDL et LDL) présents dans le sang. On a établi une fourchette de valeurs « saines » pour chacun de ces lipides. Si vos taux de lipides se situent à l’extérieur de cette fourchette normale, il est possible que vous couriez des risques.

Puisque la nourriture influence les taux de lipides dans votre sang, il est important de faire mesurer ces derniers à jeun (aucun aliment ou breuvage pendant les huit à 12 heures précédant la prise de sang, et pas d’alcool pendant deux jours avant le test).

Taux de lipides normaux pour les adultes

Cholestérol total

3,0 à 5,5 mmol/L

Triglycérides

0,4 à 2,0 mmol/L

LDL

2,4 à 3,4 mmol/L

HDL    hommes

0,7 à 1,9 mmol/L

HDL    femmes

0,9 à 2,4 mmol/L

Rapport cholestérol/HDL

< 5,0

Un bon état nutritionnel peut protéger votre coeur.

Le traitement de première intention contre la dyslipidémie (taux de lipides anormaux) repose toujours sur une intervention nutritionnelle et la modification du mode de vie. Même lorsque des médicaments comme les statines ou les fibrates s’avèrent nécessaires pour abaisser les taux de lipides, il n’en demeure pas moins important de veiller à son alimentation et à son niveau d’activité physique. Certaines des stratégies nutritionnelles proposées ci-dessous favorisent la perte de poids, mais il faut souligner que certaines personnes atteintes de dyslipidémie ont déjà un poids insuffisant. Si une perte de poids involontaire se produit, avisez votre médecin et demandez des conseils personnalisés à une diététist ou à un nutritionniste compétent.

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Veiller à la santé de son cœur
  • Limitez votre consommation de matières grasses parce qu’elles influencent directement les types et les quantités de lipides dans votre sang. Choisissez les produits à teneur réduite en matières grasses; évitez les aliments graisseux et les fritures et limitez les matières grasses que vous ajoutez aux aliments. Les goûters prêts à manger et les repas-minute ont tendance à être très riches en matières grasses;
  • Choisissez des matières grasses saines comme l’huile d’olive, l’huile de canola, l’avocat et les noix. Choisissez des produits laitiers pauvres en gras et des viandes maigres. Évitez les gras trans qui sont présents dans les huiles hydrogénées, certaines margarines, les grignotines et les aliments emballés. Développez vos talents de lecteur d’étiquettes;
  • Les amandes et les noix de Grenoble possèdent potentiellement des propriétés anticholestérol et constituent une bonne source de calories (et de protéines);
  • Mangez moins de sucre parce qu’il est transformé en triglycérides lorsqu’il est consommé en grande quantité. Les jus de fruits (même les jus purs), les boissons gazeuses, les bonbons et autres friandises contiennent du sucre concentré;
  • Augmentez votre consommation d’acides gras oméga-3. Vous en trouverez dans les poissons, les graines de lin et les noix de Grenoble. Les recherches indiquent que deux portions de poissons gras (p. ex., saumon, maquereau, truite, hareng, sardines) par semaine sont bénéfiques pour la santé du cœur. À raison de 6 grammes ou plus par jour, les suppléments d’oméga-3, offerts notamment sous forme d’huile de saumon ou d’un mélange d’huiles de poissons (pas l’huile de foie de morue), pourraient réduire le taux de triglycérides. Cette dose peut aggraver la diarrhée ou provoquer l’indigestion, donc une réduction pourrait s’avérer nécessaire. Les graines et l’huile de lin sont des sources végétales d’acides gras oméga-3 mais il semble qu’elles soient moins efficaces lorsqu’il s’agit de réduire le taux de triglycérides. N’oubliez pas de prévenir votre médecin si vous avez recours à des sources d’oméga-3 concentrées, telles que des capsules d’huiles de poissons. Les doses élevées de ces dernières sont susceptibles d’éclaircir excessivement le sang;
  • Augmentez votre consommation de fibres alimentaires, notamment sous forme soluble comme le psyllium, l’avoine et les légumineuses (pois et fèves séchés), pour réduire l’absorption du cholestérol et remplacer les sucres et les viandes;
  • Mangez plus de produits à base de soya, tels que le lait de soya, le tofu et les fèves. Ces produits sont riches en phytoestrogènes; en quantité suffisante, ces composés peuvent réduire le risque de maladie cardiovasculaire. Il vous faut environ 25 grammes de protéines de soya par jour, c’est-à-dire environ quatre verres de lait de soya ou huit onces de tofu;
  • Limitez votre consommation d’alcool à deux ou trois verres par semaine parce que l’alcool est directement responsable des augmentations des taux de triglycérides. L’alcool est également mauvais pour le foie;
  • Arrêtez de fumer ou tâchez de fumer moins parce que le tabagisme est un des principaux facteurs de risque de maladie cardiovasculaire, de cancer du poumon et d’autres cancers;
  • La cocaïne peut accélérer la progression des maladies du cœur et accroître le risque d’infarctus;
  • L’exercice, surtout les activités aérobiques/cardiovasculaires, aide à réduire le taux de triglycérides, à augmenter le taux de cholestérol HDL et à améliorer le conditionnement cardiovasculaire;
  • Les flavénoïdes, qui se trouvent principalement dans les fruits et les légumes, procurent une grande gamme de bienfaits pour la santé, y compris la protection contre les maladies du cœur. Pour tirer le meilleur profit des nombreux nutriments présents dans la nourriture, il vaut mieux consommer ses flavénoïdes sous forme d’aliments colorés que sous forme de suppléments;
  • La B12, la B6 et l’acide folique font diminuer le taux d’homocystéine dans le sang. Un taux élevé d’homocystéine a déjà été associé à un risque accru de maladies cardiovasculaires;
  • Chez certaines personnes, la niacine est efficace pour réduire les triglycérides et le cholestérol LDL et augmenter le cholestérol HDL, mais elle peut causer des démangeaisons et des bouffées congestives, ainsi qu’une toxicité hépatique et l’insulinorésistance. Parlez avec votre médecin avant de commencer à prendre de la niacine;
  • Lisez « Quand la santé vous tient à cœur » et « Faites tourner les rouages de votre cœur »dans  Vision positive de CATIE à l’adresse www.visionpositive.ca.

L’insulinorésistance et le diabète – Certaines études portent à croire que les personnes vivant avec le VIH qui suivent une multithérapie courent un risque accru de diabète ou d’insulinorésistance, précurseur du diabète. Ces problèmes se produisent lorsque le corps n’arrive plus à métaboliser correctement le sucre sanguin (glycémie). Par conséquent, le taux de sucre sanguin demeure élevé pendant de longues périodes. Laissé sans traitement, ce problème peut gravement endommager les vaisseaux sanguins.

Une saine alimentation et l’exercice sont le traitement de première intention contre les taux de lipides ou de sucre sanguin anormaux.

Les aliments que vous consommez ont un impact énorme sur votre glycémie. Ainsi, la nutrition a un rôle important à jouer pour aider l’insuline à faire son travail comme il faut et pour maintenir une glycémie normale. Les glucides, surtout les glucides simples, exercent un effet rapide sur la glycémie. Par contre, les protéines et les matières grasses ont tendance à ralentir la digestion et l’absorption des glucides, ce qui contribue à ralentir les fluctuations de la glycémie.

Toute personne qui reçoit un diagnostic de diabète devrait se rendre à un centre d’éducation sur le diabète pour obtenir le maximum d’information sur la prise en charge de cette maladie.

Maintenir une glycémie normale
  • Les glucides sont les aliments qu’il faut surveiller. Limitez votre consommation de glucides simples, tels que les sucres et les aliments riches en amidon comme les pommes de terre, le riz blanc et les pâtes. Choisissez davantage de grains entiers et de fibres parce que ces derniers exercent un effet moins fort sur la glycémie;
  • Prenez le temps de déterminer ce qu’une portion représente pour un aliment particulier. Le Guide alimentaire canadien pourra vous aider;
  • Essayez d’étaler votre consommation de glucides sur toute la journée. Vous éviterez ainsi d’en manger des portions excessives;
  • Mangez toujours des protéines et une petite portion de matières grasses avec des glucides pour ralentir la digestion;
  • Adoptez des habitudes alimentaires régulières, avec des repas et des collations à intervalles réguliers pendant toute la journée;
  • Faites de l’exercice le plus de jours possible. L’activité physique fait baisser plus rapidement la glycémie après les repas;
  • Lisez « La dolce vita : les faits sur la glycémie » dans le numéro du printemps/été 2005 de Vision positive de CATIE à l’adresse www.visionpositive.ca.

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La toxicité mitochondriale

Les mitochondries sont souvent appelées les « centrales électriques » des cellules humaines. Toutes les cellules contiennent ces structures microscopiques qui produisent l’énergie nécessaire au bon fonctionnement des cellules et au maintien d’une bonne santé. Les mitochondries transforment les matières grasses et les glucides en une molécule appelée ATP qui sert de carburant aux cellules. Certaines cellules, notamment les cellules nerveuses, cardiaques et musculaires, ont besoin d’une grande quantité d’ATP, et contiennent donc beaucoup de mitochondries.

La toxicité mitochondriale est une des toxicités les plus inquiétantes des médicaments anti-VIH. Certains médicaments endommagent tellement l’ADN que les cellules n’arrivent plus à fabriquer de nouvelles mitochondries. Lorsque les cellules commencent à manquer de mitochondries, elles ne parviennent plus à produire l’énergie nécessaire à leur bon fonctionnement. La toxicité mitochondriale fait desravages partout dans le corps; on la soupçonne de contribuer à des lésions nerveuses (neuropathies), musculaires (myopathies) et du myocarde (cardiomyopathies), ainsi qu’à la fonte de graisse (lipoatrophie) et à d’autres problèmes de santé. Les deux médicaments anti‑VIH associés au risque le plus élevé de toxicité mitochondriale—soit le d4T (stavudine, Zerit) et le ddI (didanosine)—sont utilisés beaucoup moins fréquemment maintenant que nous disposons de médicaments plus sûrs et moins susceptibles de causer ce problème.

Les personnes souffrant de toxicité mitochondriale ont souvent un taux élevé d’acide lactique dans le sang. Ce problème peut causer des nausées, des maux de tête et de la fatigue, ainsi qu’une sensation de satiété précoce (on a l’impression d’avoir l’estomac plein après quelques bouchées seulement). Un taux très élevé d’acide lactique amène un diagnostic d’acidose lactique, une maladie potentiellement mortelle. Si une acidose lactique est diagnostiquée ou soupçonnée par votre médecin, vous devrez interrompre temporairement votre multithérapie. Une fois l’acidose réglée, vous pourrez reprendre votre traitement, mais avec une association différente de médicaments anti-VIH.

Il n’y a pas de lignes directrices nutritionnelles spécifiques pour le traitement de la toxicité mitochondriale, mais des études de petite envergure ont montré une amélioration suite à la prise de suppléments de vitamines B et de L-carnitine. De plus, les options thérapeutiques destinées aux enfants porteurs de mitochondries défectueuses pourraient servir de guide. Pour ces enfants, les experts recommandent souvent les suppléments de tous les cofacteurs susceptibles de contribuer au bon fonctionnement des mitochondries (voir ci-dessous). Bien qu’il n’existe aucune preuve scientifique de l’efficacité de cette stratégie contre la toxicité mitochondriale dans le contexte du VIH, elle pourrait aider les patients à se sentir mieux et à continuer de prendre leurs médicaments.

Aider les mitochondries à mieux fonctionner
  • La toxicité mitoc hondriale peut être très dangereuse et exige une intervention médicale. Parlez avec votre médecin avant de décider de prendre n’importe lequel des suppléments suivants;
  • Essayez les suppléments suivants : les vitamines du complexe B, la coenzyme Q10, l’acide alpha-lipoïque, les vitamines C et E, le zinc;
  • Envisagez de prendre de la L-carnitine (voir « Les vitamines et les minéraux clés pour les personnes ayant le VIH » ).

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La santé des os

Depuis quelques années, l’ostéopénie et l’ostéoporose—réduction de la densité et de la masse des os—sont des problèmes de plus en plus répandus chez les personnes vivant avec le VIH. L’ostéopénie est une perte de densité minérale osseuse de stade précoce qui est caractérisée par l’amincissement et l’affaiblissement des os. Cette affection ne cause pas de douleur ou de limitation de la mobilité, et le traitement repose habituellement sur l’exercice et l’alimentation, plutôt que sur les médicaments. L’ostéoporose est la forme plus avancée de cette maladie. Les os sont plus fragiles et plus sujets aux fractures. Les fractures sont douloureuses, limitent la mobilité et réduisent la qualité de vie. L’ostéoporose est parfois traitée avec des médicaments, en association avec l’alimentation et l’exercice. Signalons que les médicaments contre l’ostéoporose risquent de ne pas convenir à tout le monde, et plus particulièrement aux femmes en âge de procréer.

Il reste à déterminer si les problèmes osseux sont attribuables à la multithérapie ou au virus lui-même. Nous savons cependant que de nombreux facteurs augmentent le risque d’ostéopénie ou d’ostéoporose. Ceux-ci incluent la génétique (p. ex., votre mère souffre d’ostéoporose); le vieillissement; le manque d’activité physique; l’insuffisance pondérale, la malnutrition; un apport inadéquat en calcium, en vitamine D ou en protéines; la malabsorption des nutriments; des maladies du foie, des intestins ou des reins; de faibles taux hormonaux (estrogène ou testostérone).

Un apport suffisant en calcium, en vitamine D et en protéines vous aidera à protéger la santé de vos os.

Certains médecins recommandent aux personnes ayant le VIH de faire mesurer leur densité osseuse tous les deux ans à l’aide d’une technique radiologique spécialisée appelée DEXA. L’examen DEXA permet de comparer la densité osseuse des patients à des normes appelées notes T. Si la note T se situe entre –1,0 et –2,5, il s’agit de l’ostéopénie; si elle est inférieure à –2,5 (–3,2 par exemple), il s’agit de l’ostéoporose.

La nutrition est toujours le traitement de première intention contre l’ostéopénie ou l’ostéoporose, et des études ont révélé que l’augmentation de l’apport en calcium et en vitamine D restaurait la minéralisation osseuse jusqu’à un certain degré.

Protéger les os
  • Ne négligez pas vos besoins nutritionnels. Plusieurs vitamines et minéraux, ainsi que les protéines, contribuent à la solidité des os;
  • Maintenez un poids sain et un IMC entre 20 et 25;
  • Consommez suffisamment de calcium sous forme d’aliments et de suppléments (voir « Le grand tableau des vitamines et minéraux » pour une liste de sources alimentaires);
    • à titre préventif, visez 1 000 mg de calcium par jour;
    • durant la ménopause, visez 1 200 mg par jour;
    • à titre de traitement, visez 1 500 mg par jour.
  • Prenez les suppléments de calcium avec de la nourriture et étalez vos prises sur plusieurs repas pour faciliter l’absorption. Le carbonate de calcium est la forme la plus courante et la plus concentrée, ce qui veut dire moins de pilules. Toutefois, certaines personnes trouvent que cette forme provoque la constipation et des ballonnements. Il se peut que le citrate de calcium soit mieux absorbé et mieux toléré;
  • Le magnésium est une composante des os qui interagit avec le calcium. On n’est pas certain que des suppléments soient nécessaires. Si vos suppléments de calcium vous constipent, ajoutez 350 mg à 500 mg de magnésium par jour. Si vos selles sont trop liquides, réduisez la dose de magnésium;
  • Obtenez suffisamment de vitamine D. Le soleil n’est pas une source fiable et l’apport alimentaire risque de ne pas suffire. Les recommandations courantes sont de 1 000 UI par jour. Les suppléments de calcium et les multivitamines contiennent de la vitamine D, donc n’oubliez pas d’additionner la teneur en vitamine D de toutes les sources;
  • Les exercices de mise en charge sont essentiels au maintien d’os solides. Ces exercices incluent des activités telles que la marche, la course, le saut à la corde, la musculation et le patin. Quelques minutes de saut à la corde par jour suffisent à stimuler l’absorption des minéraux par les os;
  • Essayez d’éviter les choses qui nuisent à la santé des os comme la fumée de tabac, l’alcool, la caféine et le sel;
  • Lisez « Bon jusqu’à l’os » et « Comment faire de vieux os » dans Vision positive de CATIE à l’adresse www.visionpositive.ca.

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