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27 oct 2008 

La lutte contre Salmonella

Une éclosion d’intoxication alimentaire causée par la consommation d’aliments contaminés par une bactérie de la famille Salmonella est en cours au Canada. Jusqu’à présent, 27 cas de cette infection ont été signalés dans les provinces suivantes :

  • Colombie-Britannique
  • Manitoba
  • Québec
  • Ontario
  • Nouvelle-Écosse

L’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) et les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis mènent actuellement une enquête sur cette éclosion. Tous les cas rapportés impliquent la bactérie Salmonella poona et les souches en question semblent être étroitement apparentées. Cela laisse soupçonner une source de contamination commune. Rappelons que des éclosions antérieures de Salmonella poona en Amérique du Nord ont été causées par des cantaloups contaminés. Les personnes immunodéprimées exposées aux bactéries de la famille Salmonella, y compris Salmonella poona, risquent de tomber gravement malades.

Mise en contexte

Les bactéries Salmonella vivent dans les intestins des animaux. Les humains se font infecter par ces bactéries lorsqu’ils mangent des aliments contaminés par des matières fécales d’animaux.

Santé Canada estime à entre 6 000 et 12 000 le nombre d’infections à Salmonella se produisant chaque année au Canada.

Les infections à Salmonella sont fréquentes dans les pays tropicaux.

Où se trouvent les bactéries?

Salmonella peut contaminer une variété d’aliments : 

  • La viande, le poulet et les œufs crus et les produits laitiers ont été contaminés par Salmonella dans le passé. Pour tuer ces bactéries, il est utile de faire cuire complètement ces aliments.
  • Au cours des deux dernières décennies, on a détecté des bactéries Salmonella dans des fruits et légumes non lavés, y compris les tomates, les cantaloups et les jus non pasteurisés, ainsi que dans les germes de graines, le cilantro et le beurre d’arachide.
  • Les comptoirs, les planches à découper et les autres espaces de travail peuvent être contaminés par Salmonella.
  • Des animaux domestiques peu usuels peuvent être porteurs de Salmonella même s’ils sont en bonne santé, tels que serpents, tortues, iguanes et autres reptiles.

Symptômes

Les symptômes les plus courants d’une infection à Salmonella sont d’ordre gastro-intestinal :

  • nausées
  • vomissements
  • diarrhées

Ces symptômes peuvent survenir dans les six à 48 heures suivant l’ingestion de l’aliment contaminé. Cependant, les symptômes ont tendance à se produire plus rapidement chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli.

En plus des trois symptômes déjà mentionnés, les bactéries Salmonella risquent de causer :

  • fièvre
  • frissons
  • crampes abdominales
  • douleurs musculaires et/ou articulaires
  • maux de tête

Dans les cas extrêmes de Salmonella, une inflammation de la membrane entourant le cerveau peut se produire. Il s’agit d’une affection grave appelée méningite qui peut causer caillots sanguins, AVC, convulsions et lésions cérébrales.

Dans la plupart des cas, la diarrhée causée par les bactéries Salmonella disparaissent après trois à sept jours et la fièvre, dans les trois jours suivant l’infection. Certains groupes risquent toutefois d’être atteints d’une infection grave et prolongée.

Qui est à risque?

Vu que les états suivants sont associés à une certaine faiblesse immunitaire, ils augmentent le risque de contracter une infection grave à Salmonella :

  • âge inférieur à trois mois
  • âge supérieur à 60 ans
  • greffe d’organe
  • cancer
  • maladie cardiovasculaire
  • usage de corticostéroïdes
  • maladies autoimmunes (arthrite et lupus, par exemple)
  • diabète
  • drépanocytose
  • infection au VIH

Des bactéries opportunistes

Au début des années 80, des médecins se sont aperçus que les personnes vivant avec le VIH semblaient être plus à risque de contracter des infections graves et récurrentes à Salmonella. Les chercheurs étaient incapables d’expliquer ce phénomène à cette époque-là.

Selon des études plus récentes, les virus qui causent une déficience immunitaire aideraient les bactéries Salmonella à passer de l’intestin dans les ganglions et le tissu lymphatiques. Une fois logées dans ces derniers, les bactéries parviennent à s’échapper dans le sang, là où elles peuvent se multiplier et infecter de nombreux organes, y compris le cerveau.

La multithérapie à la rescousse

La multithérapie antirétrovirale contribue à restaurer partiellement la résistance du système immunitaire aux infections. Dans les pays à revenu élevé comme le Canada, la multithérapie a été introduite en 1996. Antérieurement à cela, plusieurs centres de recherche à Taïwan et aux États-Unis avaient découvert que les infections graves à Salmonella étaient plus courantes chez les personnes séropositives que chez les personnes séronégatives. Selon un rapport récent sorti de Taïwan, le recours à une multithérapie serait associé à une réduction spectaculaire (environ 96 %) des cas graves de Salmonella. Cette amélioration est sans doute attribuable à l’augmentation du nombre de cellules CD4+ qui se produit fréquemment chez les patients en multithérapie.

Il faut également tenir compte du fait que certains médicaments utilisés couramment par les personnes séropositives, tel le Bactrim/Septra (triméthoprime-sulfaméthoxazole) et l’AZT (zidovudine, Retrovir), peuvent entraver la multiplication de Salmonella.

Options de traitement

Selon certains experts, une antibiothérapie n’est pas nécessaire pour les personnes présentant des symptômes de Salmonella de courte durée. Les antidiarrhéiques sont également à éviter parce qu’ils pourraient permettre aux bactéries de demeurer plus longtemps dans le corps.

Pour les personnes immunodéprimées souffrant d’une gastroentérite grave, les médecins peuvent envisager un traitement comportant les antibiotiques suivants :

  • des fluoroquinolones telles que la ciprofloxacine (Cipro)
  • azithromycine
  • Bactrim/Septra

La durée du traitement peut varier de sept à 14 jours pour les personnes ayant un système immunitaire affaibli.

Lorsque les bactéries Salmonella s’échappent du tractus gastrointestinal et s’installent dans le sang, le risque de complications potentiellement mortelles est élevé pour les personnes vivant avec le VIH. Dans de tels cas, les spécialistes des maladies infectieuses recommandent une antibiothérapie intraveineuse de une ou deux semaines (ou plus longtemps encore dans les cas de méningite liée à Salmonella). Les experts recommandent la ceftriaxone ou l’ampicilline, entre autres. Une fois l’intraveineuse terminée, un traitement suppressif par ciprofloxacine ou Bactrim/Septra par voie orale est également recommandée. En cette ère de multithérapies, il est peu probable qu’un traitement suppressif de longue durée soit utilisé systématiquement chez les personnes atteintes du VIH.

L’usage prolongé d’antibiotiques augmente le risque de voir les bactéries Salmonella acquérir une résistance au traitement. Le problème de la résistance est une préoccupation de plus en plus importante en ce qui concerne le traitement de Salmonella et de nombreuses autres infections bactériennes. Les cas de résistance à la ciprofloxacine se font de plus en plus nombreux chez les PVVIH atteintes d’une infection à Salmonella.

Prévention

Santé Canada a dressé une liste de conseils utiles pour minimiser les risques d’exposition à Salmonella :

  • Faire cuire complètement les œufs et les viandes (surtout le bœuf haché et la volaille).
  • Laver les légumes et les fruits avant de les manger.
  • Éviter le fromage et le lait crus (non pasteurisés).
  • Éviter les œufs crus. Ce point mérite d’être souligné parce que plusieurs produits maison contiennent des œufs crus, y compris la sauce hollandaise, la vinaigrette pour salade César, le tiramisu, la crème glacée maison, la mayonnaise maison, la pâte à biscuits et le glaçage.
  • Laver soigneusement les planches à découper, les comptoirs, les couteaux et les autres instruments après avoir préparé de la nourriture.
  • Se laver les mains après avoir touché des animaux domestiques, particulièrement les reptiles, car ces derniers peuvent être porteurs de bactéries Salmonella et les transmettre aux humains, particulièrement ceux ayant un système immunitaire affaibli.
  • Se laver les mains après tout contact avec des matières fécales d’animaux, comme après avoir ramassé des crottes de chiens ou changé la litière pour chats.
  • Régler son réfrigérateur à une température de 4°C (40° F) et son congélateur à moins 18 °C (0°F).

—Sean R. Hosein

RÉFÉRENCES :

Agence de la santé publique du Canada. Éclosion d’infections à Salmonella. Le 17 octobre 2008. Disponible au http://www.phac-aspc.gc.ca/alert-alerte/salmonella-fra.php [consulté le 17 octobre 2008].

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