Vous et votre santé : un guide à l’intention des personnes vivant avec le VIH

15. Les femmes et le VIH

Alors que la plupart des chapitres de Vous et votre santé s’adressent à la fois aux hommes et aux femmes vivant avec le VIH, celui-ci est destiné spécifiquement aux femmes séropositives. Nous y expliquons comment le VIH et ses traitements agissent différemment chez les deux sexes. On y explique aussi comment le VIH affecte les femmes tout au long de leur vie. Vous y trouverez également des conseils sur le dévoilement dans le cadre des fréquentations, la contraception, la planification d’une grossesse et la prise en charge des symptômes ménopausiques.

Ce chapitre parle de l'expérience des femmes cisgenres (c'est-à-dire les femmes qui s'identifient au sexe qui leur a été assigné à la naissance). Certains renseignements s'appliqueront aussi aux réalités des femmes trans vivant avec le VIH, alors que d'autres ne leur seront pas pertinents. Finalement, certains renseignements pourraient s'appliquer aux hommes trans vivant avec le VIH.

Le VIH : quelles différences entre les femmes et les hommes?

Il existe des infections et maladies liées au VIH qui ne touchent que les femmes, telles que la candidose vaginale et le cancer du col de l’utérus.

Certaines infections et affections liées au VIH ont un impact différent chez les deux sexes. Par exemple, les femmes séropositives non traitées sont plus sujettes que les hommes aux pneumonies bactériennes, aux épisodes récurrents de l’herpès simplex et au sarcome de Kaposi (voir le Chapitre 12, Les infections et les cancers liés au VIH). Il existe aussi des maladies et infections liées au VIH qui ne touchent que les femmes, telles que la candidose vaginale et le cancer du col de l’utérus. Heureusement, grâce à l’efficacité des médicaments anti-VIH, ces infections sont beaucoup moins répandues de nos jours chez toutes les personnes vivant avec le VIH.

Les éruptions cutanées et les réactions allergiques graves sont plus fréquentes chez les femmes vivant avec le VIH. Les femmes sont plus susceptibles de constater une accumulation de graisse dans leurs seins et leur abdomen à cause de la lipodystrophie. Les femmes vivant avec le VIH sont plus sujettes à l’anémie et aux pertes osseuses.

Les médicaments utilisés pour le traitement du VIH peuvent exercer des effets différents chez les femmes que chez les hommes. À titre d’exemple, mentionnons que les éruptions cutanées et les réactions allergiques graves (hypersensibilité) aux médicaments anti-VIH appelés analogues nucléosidiques sont plus fréquentes chez celles-ci (voir le chapitre 10, Les traitements). Les modifications de la forme corporelle causées par les effets secondaires des médicaments, soit la lipodystrophie et la lipoatrophie, s’observent chez les deux sexes. Chez les femmes, on a tendance à distinguer une accumulation de graisse dans les seins et l’abdomen (voir Les variations du poids corporel et les modifications de la forme corporelle). Notons toutefois que les médicaments anti-VIH plus récents sont moins susceptibles de causer ce genre de changements.

Les femmes sont plus sujettes à l'anémie et aux pertes osseuses. Ces différences entre les sexes pourraient être attribuables à des interactions entre les médicaments et les hormones féminines ou encore au fait que les posologies sont déterminées lors d’études menées en grande partie chez des hommes. Il est donc possible que les femmes, qui pèsent généralement moins que les hommes, reçoivent des doses inutilement élevées de certains médicaments.

Les associations qui militent pour l’accès aux traitements continuent de réclamer l’inclusion de davantage de femmes séropositives dans les essais cliniques sur les médicaments anti-VIH, ainsi que la mise sur pied d’essais conçus spécifiquement pour aborder les questions liées au traitement des femmes vivant avec le VIH.

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Les enjeux psychosociaux des femmes vivant avec le VIH

Vivre avec le VIH est une expérience différente pour chaque femme. Il est cependant possible de faire quelques généralisations au sujet du vécu de l’ensemble des femmes séropositives. Les femmes séropositives risquent d'être diagnostiquées plus tardivement dans le cours de l'infection que les hommes. Cela pourrait être attribuable au fait que les femmes ne soient pas considérées comme des personnes à risque à l'égard de l'infection par le VIH. De plus, les femmes peuvent être plus sujettes que les hommes aux problèmes suivants : pénuries de logements stables, faibles possibilités d’accès à l’éducation et à l’emploi, absence de revenus stables, etc. Les facteurs de ce genre empêchent souvent les femmes d’avoir accès aux services de dépistage du VIH, au traitement et à d’autres services liés à la santé.

Nombre d’études laissent croire qu’un grand nombre de femmes séropositives hésitent à se faire soigner après avoir appris leur diagnostic. Cette hésitation peut être attribuable aux facteurs suivants :

  • accès limité aux soins
  • région géographique éloignée
  • statut douteux par rapport à l’immigration
  • manque de pouvoir pour déterminer ses propres besoins en matière de santé
  • trop de responsabilités ménagères – s’occuper de ses enfants ou soigner son conjoint, par exemple
  • stigmatisation liée au VIH
  • logement instable
  • faible revenu
  • violence conjugale
  • alcoolisme ou toxicomanie
  • dépression et autres problèmes de santé mentale

Ces facteurs peuvent nuire à la santé des femmes, et il est important d’avoir recours aux services de soutien pour les régler. Les organismes VIH offrent de nombreux services aux femmes vivant avec le VIH.

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Votre équipe de soins

Tout le monde a droit à des soins médicaux de qualité, peu importe son sexe. Lorsqu’une femme vivant avec le VIH fait l’objet de soins et de traitements appropriés, elle peut en tirer les mêmes bienfaits qu’un homme.

Il est préférable que vos médecins aient des connaissances approfondies en matière de VIH.

Beaucoup de femmes séropositives consultent différents médecins pour différents besoins. En plus d’être suivies par un spécialiste du VIH pour leurs problèmes associés au virus, nombre d’entre elles consultent régulièrement leur médecin de famille pour d’autres problèmes de santé. Souvent, l’équipe de soins d’une femme séropositive comprend également un gynécologue (médecin se spécialisant dans la santé de l’appareil génital de la femme), un obstétricien ou un spécialiste de la fertilité (pour les questions liées à la grossesse). Ce n’est pas toujours possible, mais il est préférable que les médecins en question aient des connaissances approfondies en matière de VIH. Votre médecin de famille ou spécialiste du VIH devraient être en mesure de vous recommander des spécialistes médicaux d’expériencePour en savoir plus, consultez le chapitre 3 (Votre équipe de soins).

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Le VIH et les soins gynécologiques

Certaines affections gynécologiques se produisent plus fréquemment et sont plus difficiles à traiter chez les femmes séropositives.

En tant que femme vivant avec le VIH, il est important que vous portiez une attention particulière à votre santé gynécologique. Les affections gynécologiques suivantes, entre autres, se produisent plus fréquemment et sont plus difficiles à traiter chez les femmes séropositives :

  • certaines infections vaginales, y compris les infections aux levures et la vaginose bactérienne (infection qui perturbe l’équilibre normal des bactéries présentes dans le vagin)
  • infections transmissibles sexuellement, telles que la gonorrhée, la chlamydia, l’herpès et la syphilis
  • maladie inflammatoire pelvienne – infection bactérienne potentiellement grave de l’appareil génital féminin
Il est très important que les femmes séropositives passent un test Pap au moins une fois par an. Le test Pap permet de déceler la dysplasie cervicale, une croissance anormale des cellules du col de l’utérus pouvant évoluer en cancer. La dysplasie cervicale est plus courante chez les femmes séropositives, surtout celles dont l’infection au VIH n'est pas traitée.

Il est très important que les femmes séropositives passent un test Pap au moins une fois par an. Ce test permet de déceler des changements au niveau du col de l’utérus. Un résultat anormal au test Pap sert à alerter votre médecin en cas de problème pouvant nécessiter une évaluation plus exhaustive et, éventuellement, un traitement immédiat. En tant que femme séropositive, vous êtes plus susceptible d’obtenir un résultat anormal au test Pap qu’une femme séronégative, surtout si vous avez un faible compte de CD4+.

Lors de votre test Pap, votre médecin effectuera un examen interne de votre vagin et prélèvera un échantillon de cellules sur le col de votre utérus. L’intervention peut causer un léger inconfort. Votre médecin devrait examiner votre vulve en même temps afin de détecter la présence d’autres infections, notamment l’herpès et des verrues génitales (infection au VPH). Pour en savoir plus, consultez les chapitres 7 (Votre santé sexuelle) et 9 (Le suivi de votre santé).

On a recours au test Pap pour déceler la dysplasie cervicale, une affection caractérisée par l’apparition de cellules anormales sur le col de l’utérus. La dysplasie cervicale est plus courante chez les femmes séropositives, surtout celles dont l’infection au VIH n'est pas traitée. La dysplasie est souvent plus grave et plus difficile à traiter chez les femmes vivant avec le VIH que chez les femmes séronégatives. La prise continue de médicaments anti-VIH, ainsi qu'un dépistage et un traitement précoces peuvent empêcher la dysplasie cervicale d’évoluer en cancer du col de l’utérus, une maladie potentiellement mortelle. La dysplasie cervicale est causée par le virus du papillome humain (VPH). Transmis sexuellement, le VPH est également à l’origine des verrues génitales (voir le chapitre 7, Votre santé sexuelle).

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Le VIH et la grossesse

La brochure La grossesse et la séropositivité : Voici ce qu'il faut savoir fournit des informations exhaustives sur la planification, la conception, la grossesse et l'accouchement.

La contraception

Choisir une méthode contraceptive est plus compliqué pour les femmes séropositives parce qu’elles doivent tenir compte de plusieurs facteurs, notamment la possibilité d’interactions entre les médicaments anti-VIH et certains contraceptifs hormonaux.

De nombreuses femmes vivant avec le VIH ont recours à la contraception. Choisir une méthode contraceptive est plus compliqué pour les femmes séropositives parce qu’elles doivent tenir compte de la possibilité d’interactions entre les médicaments anti-VIH et certains contraceptifs hormonaux.

Beaucoup de femmes et d’hommes séropositifs choisissent le condom parce que c’est une méthode contraceptive qui permet également de prévenir efficacement les infections transmissibles sexuellement.

Le condom offre de nombreux avantages :

  • Les condoms internes (« féminins ») et externes (« masculins ») sont des moyens efficaces de prévenir la transmission du VIH et de nombreuses autres infections transmissibles sexuellement.
  • S’il est utilisé correctement, le condom est efficace à 98 % pour prévenir la grossesse.
  • Le condom interne est la seule méthode contraceptive contrôlée par la femme qui la protège également contre les infections transmissibles sexuellement.
  • Le condom interne peut être inséré avant que la relation sexuelle ne commence.
  • Le condom est offert en vente libre.

Le condom présente toutefois quelques inconvénients :

  • Il y a un risque de rupture si le condom n’est pas mis correctement.
  • Le condom externe exige l’entière coopération du partenaire pénétrant.
  • Le condom réduit le plaisir sexuel, selon certains.
  • Le condom interne coûte cher et n’est pas disponible partout au Canada.

En plus du condom, vous pouvez avoir recours à d’autres méthodes contraceptives pour réduire votre risque de tomber enceinte, en sachant toutefois que ces autres contraceptifs sont inutiles pour réduire le risque de transmission du VIH et des ITS. Avant de choisir la méthode contraceptive, posez-vous les questions suivantes :

  • Cette méthode contraceptive va-t-elle interagir avec mes médicaments anti-VIH ou les autres médicaments que je prends?
  • Sera-t-il facile d’intégrer cette méthode dans mon style de vie?
  • Quelle est l’efficacité de cette méthode pour prévenir la grossesse?
  • La méthode est-elle sans danger?
  • La méthode est-elle dispendieuse?
  • Quel sera l’impact sur mes chances de tomber enceinte à l’avenir si je le veux.

Outre le condom, les méthodes contraceptives les plus couramment utilisées à l’heure actuelle sont les suivantes :

  • contraceptifs hormonaux
  • diaphragme et cape cervicale
  • spermicide
  • stérilisation (contraception permanente)
  • contraception naturelle, telle la méthode rythmique
  • contraception d’urgence (« pilule du lendemain »)

Les contraceptifs hormonaux sont offerts sous plusieurs formes. Certains d’entre eux se prennent par voie orale, tel que la pilule anticonceptionnelle. D’autres sont injectés ou insérés dans le vagin, soit à domicile (anneau vaginal ou éponge), soit par un médecin (dispositif intrautérin). Il existe aussi un timbre transdermique qui libère graduellement un médicament contraceptif à travers la peau. Selon la méthode choisie, les contraceptifs hormonaux sont administrés quotidiennement, hebdomadairement, mensuellement ou annuellement.

Les avantages des contraceptifs hormonaux :

  • Ils sont très efficaces (97 % à 99 %) pour prévenir la grossesse.
  • Ils peuvent réduire les risques de plusieurs affections médicales, notamment certains cancers de l’appareil génital, la maladie inflammatoire pelvienne, les tumeurs non cancéreuses du sein et de l’ovaire et l’ostéoporose (amincissement des os).

Les inconvénients des contraceptifs hormonaux :

  • Ils sont inutiles contre les infections transmissibles sexuellement.
  • Les effets secondaires possibles sont nombreux, y compris un risque accru de caillots sanguins, de crise cardiaque et d’AVC, surtout si vous fumez.
De nombreux contraceptifs hormonaux interagissent avec les médicaments anti-VIH.

Les contraceptifs hormonaux peuvent interagir avec les médicaments anti-VIH. Ces interactions risquent non seulement de réduire l’efficacité contraceptive des hormones en question, elles sont aussi susceptibles d’affaiblir l’activité antivirale des médicaments utilisés contre le VIH. Le cas échéant, le VIH acquerra une résistance aux médicaments, et les options de traitement futures de la patiente s’en trouveront limitées. Il faut toujours discuter de la possibilité d’interactions médicamenteuses avec votre médecin avant de choisir une méthode contraceptive à base d’hormones. Pour en savoir plus sur la résistance médicamenteuse, consultez Résistance médicamenteuse et tests de résistance.

Le diaphragme et la cape cervicale sont des petits dispositifs que l’on insère dans le fond du vagin afin de couvrir le col de l’utérus. Les deux doivent être ajustés par un médecin et utilisés conjointement avec une crème ou un gel spermicide. Le diaphragme et la cape cervicale sont moins efficaces que le condom pour prévenir la grossesse parce qu’ils n’empêchent pas le sperme d’entrer dans le vagin.

Les avantages du diaphragme et de la cape cervicale pour les femmes séropositives :

  • Utilisés correctement, ce sont des contraceptifs très efficaces.
  • Ils provoquent habituellement très peu d’effets secondaires.
  • Ils sont habituellement imperceptibles aux deux partenaires.

Les inconvénients du diaphragme et de la cape cervicale pour les femmes séropositives : 

  • Ils sont inutiles contre les infections transmissibles sexuellement.
  • Ils peuvent être difficiles à insérer.

Les spermicides sont des substances contraceptives qui existent sous plusieurs formes : mousses, gels, crèmes et suppositoires (petites capsules que l’on insère dans le vagin). Ces produits tuent les spermatozoïdes avant qu’ils ne parviennent au col de l’utérus. À titre de contraceptifs, les spermicides sont efficaces à environ 70 % seulement, et ils n’offrent aucune protection contre les infections transmissibles sexuellement.

Les spermicides ne tuent pas le VIH et ne devraient pas être utilisés comme moyen de prévenir le VIH.

La stérilisation (contraception permanente) consiste à rendre infertile une femme ou un homme par le biais de la chirurgie. Lorsque l’opération se pratique sur une femme, il s’agit d’une ligature des trompes. Lorsqu’un homme est opéré, il s’agit d’une vasectomie.La ligature des trompes consiste à fermer les trompes de Fallope afin qu’il soit impossible pour l’ovule de s’acheminer jusqu’à l’utérus et de se faire féconder. Lors d’une vasectomie, le chirurgien ferme les canaux testiculaires qui transportent les spermatozoïdes, ce qui empêche ceux-ci de quitter le corps de l’homme. Ces techniques sont efficaces à presque 100 % pour prévenir la grossesse, mais elles sont inutiles contre le VIH et les autres infections transmissibles sexuellement. Le condom reste donc de rigueur lors des rapports sexuels.

Le terme contraception naturelle englobe plusieurs méthodes permettant de prévenir la grossesse, y compris l’abstinence, les activités sexuelles sans pénétration vaginale, le retrait du pénis avant l’éjaculation et les méthodes fondées sur le suivi de l’ovulation comme la méthode rythmique.

L’abstinence, c’est-à-dire l’absence totale de rapports sexuels, est efficace à 100 %. Les autres méthodes naturelles ne sont que partiellement efficaces pour la contraception et n’offrent aucune protection à la femme séropositive contre les autres infections transmissibles sexuellement.

Les femmes séropositives peuvent avoir recours à la contraception d’urgence pour prévenir la grossesse à la suite d’un rapport sexuel. La prétendue « pilule du lendemain » est vendue par les pharmaciens sous le nom de « Plan B ». Pour être efficace, elle doit être prise dans les trois jours (72 heures) suivant le rapport sexuel. Cette forme de contraception n’offre aucune protection contre les infections transmissibles sexuellement.

Si vous êtes enceinte, il est possible que vous songiez à mettre fin à votre grossesse parce que vous ne croyez pas être en mesure de prendre soin d’un enfant en ce moment particulier ou pour d’autres raisons. La décision d’avorter est très personnelle, et chaque femme est libre de faire son propre choix. C’est à vous seule que revient la décision de mettre fin à votre grossesse, et personne ne peut vous obliger à avoir un bébé ou à avorter. Si vous voulez obtenir plus d’information sur l’avortement, parlez-en à votre professionnel de la santé. Certaines femmes craignent de voir diminuer leurs chances de tomber enceintes à l’avenir si elles se font avorter. Dans la plupart des cas, toutefois, une grossesse normale et saine demeure possible après un avortement.

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La menstruation et la ménopause

Les femmes séropositives peuvent connaître des irrégularités menstruelles tout au long de leurs années fertiles. Les problèmes les plus courants sont des saignements légers entre les règles, des menstruations abondantes et l’absence de règles. Nombre d’études laissent croire que les irrégularités menstruelles sont plus courantes chez les femmes ayant un faible compte de CD4+, une charge virale élevée, un poids corporel considérablement inférieur à la normale ou encore chez celles qui utilisent des drogues intraveineuses comme l’héroïne et la méthadone.

La ménopause est la période dans la vie d’une femme où elle cesse d’avoir ses règles. Cela se produit habituellement vers l’âge de 50 ans chez les femmes séronégatives, mais la ménopause peut débuter plus tôt chez les femmes vivant avec le VIH.

D’ordinaire, une femme sait que la ménopause approche lorsqu’elle s’aperçoit de changements dans son cycle menstruel, ce dernier pouvant devenir plus long, plus court ou irrégulier selon le cas. Cette période s’appelle la périménopause. Les taux hormonaux fluctuent beaucoup durant la périménopause et la ménopause — une période pouvant durer plusieurs années —, et la femme peut s’attendre à éprouver de nombreux symptômes, y compris les suivants :

  • cycles menstruels de plus en plus irréguliers
  • bouffées de chaleur
  • sueurs nocturnes
  • sécheresse vaginale
  • mictions fréquentes (besoin d’uriner souvent)
  • changements cutanés, y compris l’amincissement de la peau, l’apparition de rides et l’acné
  • problèmes de sommeil
  • fatigue
  • manque de désir sexuel
  • trous de mémoire
  • fluctuations émotionnelles
  • dépression
  • irritabilité

De plus, le compte de CD4+ de certaines femmes séropositives a tendance à diminuer après la ménopause.

Il est important que vous suiviez le fil de vos cycles menstruels et que vous discutiez de la ménopause avec votre médecin. Quel que soit votre âge, vous feriez bien de faire mesurer régulièrement vos taux hormonaux.

La ménopause rend les femmes plus vulnérables à de nombreux problèmes de santé, y compris l’ostéopénie (amincissement des os pouvant augmenter le risque de fractures), les maladies du cœur et d’autres affections liées au vieillissement. Les médicaments anti-VIH sont également associés à ce genre d'effets secondaires, donc les femmes séropositives pourraient faire face à des risques encore plus grands à l'égard de ces affections liées à l'âge. Consultez un Guide pratique pour un corps en santé pour les personnes vivant avec le VIH et le chapitre 18 (Le VIH et le vieillissement) pour en savoir plus sur cette question.

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Conseils pour rester en bonne santé après la ménopause

  • Mangez sainement (voir le chapitre 4, Vivre en santé).
  • Prenez des suppléments de calcium et de vitamine D3 tous les jours pour aider à prévenir les pertes osseuses.
  • Arrêtez de fumer ou essayez de fumer beaucoup moins.
  • Consommez de l’alcool avec modération.
  • Faites de l’activité physique trois fois par semaine pendant 30 minutes; la danse aérobique, la natation, la course à pied et la marche rapide sont bonnes, et essayez d’inclure des exercices contre résistance dans votre programme.
  • Renseignez-vous sur les tests et les examens suivants auprès de votre fournisseur de soins :

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Les fréquentations, le sexe et les relations

Les femmes vivant avec le VIH ont droit à une vie sociale et sexuelle active, et elles peuvent fonder des relations saines et durables.

Les femmes vivant avec le VIH ont droit à une vie sociale et sexuelle active, et elles peuvent fonder des relations saines et durables. Apprendre à connaître une nouvelle personne peut être difficile au début de n’importe quelle relation. Et quand le VIH s’en mêle, c’est encore plus compliqué. Que vous fréquentiez quelqu’un de nouveau ou que vous envisagiez une relation sérieuse, il est fort probable que vous pensez beaucoup aux questions liées aux relations sexuelles plus sécuritaires et au dévoilement (également dit divulgation).

Puisque chaque femme est unique, sa façon d’aborder le dévoilement de son état l’est tout autant. De nombreuses femmes fondent leur décision à cet égard sur leurs expériences précédentes. Beaucoup d’autres choisissent de révéler leur statut avant la première sortie. Cette approche offre l’avantage de réduire le stress créé par le maintien du secret. Certaines femmes préfèrent mieux connaître la personne avant d’aborder ce sujet délicat.

Toutes les personnes vivant avec le VIH ont une obligation légale de dévoiler leur statut avant d’avoir toute relation sexuelle comportant une « possibilité réaliste de transmission du VIH » Bien que la définition légale de possibilité réaliste de transmission du VIH évolue encore, il est important de parler de votre séropositivité à vos partenaires sexuels potentiels avant votre premier rapport sexuel. Quelques femmes ont été poursuivies en justice pour avoir transmis ou exposé un partenaire sexuel au VIH sans lui avoir parlé de leur statut.

Pour en savoir plus sur le dévoilement du VIH, consultez Le VIH et la loi.

Pour vous protéger contre d’éventuelles accusations de non-dévoilement non fondées, c’est une bonne idée de documenter le moment où le dévoilement a eu lieu. Certaines femmes prennent rendez-vous avec leur spécialiste du VIH afin de lui présenter leur nouveau partenaire. Le médecin s’assurera donc que celui-ci comprend les risques d’infection, et la discussion sera enregistrée en guise de preuve du dévoilement.

Si vous êtes déjà en relation au moment où vous recevez votre diagnostic du VIH, il est important que vous parliez dès que possible de votre statut avec votre partenaire. Cette discussion sera particulièrement difficile si vous dépendez de votre partenaire pour vous nourrir, vous loger, vous protéger ou vous procurer de la drogue. Vous aurez peut-être peur de perdre la relation et les avantages qui l’accompagnent en parlant de votre séropositivité. Il est évident que certaines relations se dissolvent après un diagnostic de VIH, mais il arrive tout aussi souvent que le partenaire de la personne séropositive se montre très compatissant. Pour obtenir de l’aide pour aborder ce sujet difficile avec votre partenaire, contactez un infirmier de la santé publique ou un conseiller dans un organisme VIH.

Certaines femmes ont peur d’être battues si elles avouent à leur conjoint violent qu’elles sont séropositives. Si vous vous trouvez dans une telle situation, essayez d’annoncer la nouvelle à votre partenaire dans un lieu sûr et de dresser un plan pour assurer votre sécurité. Un médecin, une amie, un infirmier de la santé publique ou un conseiller pourrait vous aider à cet égard.

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Ressources

Vision positive – Un magazine sur la santé et le bien-être regorgeant d’articles sur les femmes et le VIH

La grossesse et la séropositivité : Voici qu’il faut savoir – Des renseignements exhaustifs destinés aux femmes séropositives enceintes et à celles qui envisagent une grossesse

Les changements menstruels et les difficultés sexuelles dans Un guide pratique des effets secondaires des médicaments anti-VIH

Les changements hormonaux dans Un guide pratique pour un corps en santé pour les personnes vivant avec le VIH

Feuillets d’information sur les préoccupations de santé des femmes vivant avec le VIH – Des renseignements exhaustifs destinés aux femmes vivant avec le VIH et à leurs fournisseurs de soins

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À propos de l'auteure

Shari MargoleseShari Margolese fait du bénévolat dans la communauté VIH/sida depuis qu’elle a reçu son diagnostic, en 1993. Mère d’un enfant séropositif, Shari milite pour les droits des familles touchées par le VIH et le droit des femmes séropositives d’avoir des enfants. À l’heure actuelle, Shari a été la co-investigatrice principale de plusieurs études de recherche communautaires, y compris d’un projet visant l’élaboration d’un protocole sur le traitement de l’infertilité et la prise en charge des femmes séropositives enceintes en Ontario.

Le bénévolat de Shari a inclus travailler pour Voices of Positive Women à Toronto, la coalition pour Le plan d’action en faveur des femmes et de la lutte contre le VIH/SIDA au Canada et l’organisme ATHENA.

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