Vision positive

été 2011 

Jim Wakeford (printemps / été 2002)

66 ans
Sechelt, C.-B.
Diagnostic de VIH reçu en 1989
Compte de CD4 : 500
Charge virale : indétectable

« En faisant la course avec le virus, en luttant contre la maladie et en défiant la mort, j’ai aidé à créer le Casey House Hospice, amené à Toronto le projet des courtepointes contre le sida et j’ai élevé deux contestations judiciaires pour instaurer le droit de consommer de la marijuana à des fins médicales et une autre pour modifier la loi afin de permettre le suicide médicalement assisté. Maintenant, je fais peau neuve. »

Comment décririez-vous votre santé?
Mis à part un compte élevé de triglycérides et une discopathie dégénérative dans ma colonne, je me sens bien physiquement.

Faites-vous face à des enjeux particuliers en ce qui a trait au VIH ou à votre traitement?
Les horreurs dont j’ai été victime et témoin au début de l’épidémie me hantent toujours. De plus, les souvenirs de mes arrestations ainsi que les accusations criminelles déposées contre moi en 2001 par le gouvernement fédéral pour avoir essayé de faire pousser avec d’autres PVVIH de la marijuana me tourmentent encore (elles ont été abandonnées en 2002). Je suis une thérapie pour troubles de stress post-traumatique.

Le point saillant de notre article du numéro printemps / été 2002 était votre santé et la marijuana à des fins médicales. Utilisez-vous toujours de la marijuana?
Lorsque je peux trouver de la marijuana cultivée biologiquement à des fins médicales et que j’ai les moyens de m’en acheter, j’utilise les souches indica pour la douleur et comme solution de rechange aux somnifères. Les souches sativa aident à contrer l’anxiété et à augmenter l’appétit. Il y a quelques années, j’ai aussi utilisé la marijuana pour arrêter la cigarette.

Comment se porte votre lutte pour obtenir légalement de la marijuana à des fins médicales?
Le gouvernement fédéral n’a pas réussi à offrir une solution de rechange à l’utilisation de la marijuana à des fins médicales. Ce qu’il produit et vend est de qualité médiocre, avec peu, voire aucun bienfait médical. Le gouvernement a manqué à sa promesse de mener des essais cliniques et, sans recherche, le programme fédéral présente des avantages discutables.

J’aimerais faire partie d’un groupe de PVVIH qui travaille sur les questions de la marijuana à des fins médicales, mais je suis isolé et je suis en désaccord avec les organismes de lutte contre le sida qui appuient les clubs de compassion. La marijuana thérapeutique devrait être offerte aux PVVIH, peu importe leur capacité à payer et elle devrait être sécuritaire et exempte de contaminants, ce que les clubs ne peuvent garantir. Ces derniers vendent tout ce que leurs producteurs du marché noir leur vendent, à des prix considérablement gonflés. Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement m’est tombé dessus à bras raccourcis à cause de mes efforts pour changer la loi, tandis que les clubs continuent d’opérer au mépris de la loi. (Pour de plus amples renseignements, on peut me contacter à jwakeford@dccnet.com)

Comment décririez-vous cette époque du sida?
En période d’accalmie.

Dans 10 ans…
Puis-je oser espérer être guéri de mon infection au VIH? Puis-je oser espérer que les chercheurs se penchent sur l’étude de la marijuana à des fins médicales?

Quelle chanson représente la piste sonore de votre vie?
« Blowin’ in the Wind » de Bob Dylan.