Vision positive

été 2011 

Kecia Larkin (automne / hiver 2001)

40 ans
Victoria, C.-B.
Diagnostic de VIH reçu en 1989
Compte de CD4 : 300
Charge virale : indétectable

« Une femme passant à une autre étape de sa vie
avec le VIH, entre 18 et 40 ans et avec encore bien
des années devant elle… »

Comment décririez-vous votre santé?
Ma santé est bien meilleure qu’il y a dix ans. À cette époque, je luttais contre de l’anémie de moelle osseuse causée par l’AZT que je prenais durant ma grossesse. Mon taux d’hémoglobine était descendu à 67, et on a dû me faire des transfusions sanguines.

Faites-vous face à des enjeux particuliers en ce qui a trait au VIH ou à votre traitement?
Lorsque j’ai commencé à prendre des antirétroviraux, j’avais plusieurs choix de traitement, étant donné que je n’avais pris aucun médicament contre le VIH en 1 ans. Au cours des dix dernières années, j’ai souffert de différents effets secondaires causés par les antirétroviraux, notamment des rougeurs, de l’enflure, de la fièvre, une inflammation du pancréas, des lipides dans le sang, une moins bonne santé dentaire, de graves nausées et plus d’épisodes dépressifs. Je suis très contente de vous dire que mon régime médicamenteux actuel fonctionne très bien!

Vous et votre ventre de femme très enceinte ont fait la page couverture du premier numéro de Vision positive en 2001. Six jours après votre entrevue, vous avez donné naissance à votre fils. Comment va-t-il? Et comment va votre fille?
Owen est un jeune homme très gentil, doux et posé. C’est un garçon typique de 9 ans qui adore les jeux vidéo, les Lego et qui aime aider les autres. Ma fille, Rakiya, termine sa dernière année à l’école secondaire et est impatiente de faire ses études postsecondaires l’année prochaine en tant que diplômée au tableau d’honneur.

De quelle façon le fait d’être maman a-t-il influencé votre rôle de militante et de défenseuse, et vice versa?
Je suis une mère monoparentale avec deux enfants à charge. Je défends les intérêts de mes pairs et je travaille à temps partiel comme adjointe à la recherche avec des pairs. En tant que mère, je dois penser à mon avenir et à celui de mes enfants. J’ai dû réfléchir à ce que je tenais pour acquis dans le passé et à la façon dont je peux influencer l’avenir à mon avantage.

Avez-vous fait face à de gros changements dans votre vie depuis votre apparition en page couverture de Vision positive en 2001?
Je suis plus en santé, plus forte et plus franche. Je suis également plus égoïste à l’égard du temps que je consacre au bénévolat ou au mouvement de lutte contre le sida parce que je vis avec le VIH depuis deux décennies. Je dois donc trouver un équilibre entre ce à quoi je veux accorder mon énergie, ma santé et mon expertise.

Comment décririez-vous cette époque du sida?
Négligente.

Dans 10 ans…
J’espère pouvoir documenter la stigmatisation et la négligence auxquelles font face les personnes séropositives les plus vulnérables au sein du système de santé du Canada.

Quelle chanson représente la piste sonore de votre vie?
En ce moment, je suis tentée de vous dire « Wandering Star » de Portishead. Celle qui représenterait bien mes premières années serait « Pretty Brown » de David Campbell.