Vision positive

été 2011 

Nouvelles du front: Affaires de famille

Melissa Egan de CATIE présente un compte rendu des programmes pour les familles aux prises avec le VIH.

AU CANADA, on compte plus de 1 500 enfants et jeunes qui vivent avec le VIH. Dans plusieurs régions du pays, toutefois, il demeure très difficile de trouver des ressources pour eux. Bien que le manque de financement limite ce que peuvent faire la plupart des organismes de lutte contre le sida, trois programmes offrent d’excellents services aux familles séropositives, dans trois de nos provinces les plus peuplées — le Camp Famille Positive au Québec, le Teresa Group en Ontario et le Camp Moomba en Colombie-Britannique.

LE CAMP FAMILLE POSITIVE

Niché au creux des vertes Laurentides, au Québec, le camp Positif est un sanctuaire estival depuis près de 20 ans, pour des centaines d’adultes des quatre coins de la province vivant avec le VIH. Cette année, dans la seconde moitié de juillet (le pic du calendrier des vacances pour les Québécois), on y offrira un nouveau camp s’adressant spécifiquement aux femmes séro­positives et à leurs familles : le camp Famille Positive.

André Huot, directeur du camp Positif, a constaté une diversification dans la population cherchant du soutien en matière de VIH et c’est ce qui l’a incité à créer le camp Famille Positive. Le lancement de cette initiative, à l’été 2011, s’annonce déjà comme un grand succès. Pour s’assurer que le camp satisfait les besoins des participants, André a collaboré avec des employés et des membres de trois organismes locaux : Stella, un collectif œuvrant auprès de femmes impliquées dans le travail du sexe; le Foyer pour femmes autochtones de Montréal; et GAP-VIES, un organisme qui entretient des liens étroits avec les communautés haïtiennes et africaines du Québec. Ces organismes apportent du soutien et de l’information aux femmes séropositives et à leurs familles et mettent en évidence des liens communautaires. On s’attend à ce que le camp Famille Positive, dans le prolongement de leurs efforts, soit accueillant et fort bien planifié.

Les activités au programme du premier camp annuel de cet été seront notamment des ateliers sur les médicaments anti-VIH et l’observance thérapeutique, des séances de yoga pour toute la famille ainsi que des discussions sur la divulgation. Grâce à des soirées autour d’un feu de camp, à des activités familiales thématiques et à des menus incorporant des aspects culturels, on favorisera à coup sûr le développement de la conscience communautaire, sans oublier des moments qui permettront aux femmes de nouer des liens. Les enfants et les jeunes auront bien sûr l’occasion de profiter du plein air, de se faire des amis et de tirer avantage du site où tout cela se déroulera : le camp Kinkora.

Pour de plus amples renseignements, communiquez avec André Huot à andreh@ccs-montreal.org

LE TERESA GROUP

Si vous cherchez à en savoir plus sur les ressources disponibles pour les familles aux prises avec le VIH en Ontario, les premiers mots que vous entendrez seront certainement « le Teresa Group », et avec raison. Le Teresa Group est l’un des rares organismes au Canada à se concentrer sur les besoins des familles et des enfants affectés par le VIH. Créé en 1990 avec seulement cinq familles, le Teresa Group a une équipe dévouée qui est devenue aujourd’hui la ressource à laquelle on s’adresse pour obtenir de l’aide pratique et du soutien affectif pour les familles vivant avec le VIH. Établi à Toronto, l’organisme apporte actuellement son aide à près de 400 familles et plus de 700 enfants.

L’organisme travaille de concert avec d’autres organismes communautaires ainsi qu’avec le Toronto Hospital for Sick Children afin de s’assurer que ses programmes correspondent aux besoins de ses clients. Par exemple, plusieurs familles ayant recours aux programmes du Teresa Group ne sont pas aux prises uniquement avec le VIH, mais aussi avec la pauvreté. En conséquence, l’organisme a mis sur pied une gamme impressionnante de services de soutien : il fournit des produits pour accueillir un bébé à la maison, de la préparation lactée gratuite, des couches, des manteaux d’hiver, et offre aussi une « banque » de vêtements pour enfants, de l’aide pour les billets de transports en commun, des lunchs emballés pour l’école, et un service de tutorat pour les élèves de la 2e à la 12e année.

En plus de cette aide concrète, le Teresa Group organise des groupes de soutien concernant les besoins émotionnels des enfants et des jeunes affectés par un diagnostic de séropositivité au sein de leur famille. Ces groupes fournissent aux jeunes un lieu sûr où ils peuvent discuter de leurs défis particuliers. Les discussions encadrées par un animateur permettent d’aborder des thèmes comme la stigmatisation et la divulgation. Les participants sont particulièrement sensibles aux activités ayant pour thème le deuil, le développement personnel, les soins personnels et les relations interpersonnelles. Les enfants examinent leurs idées, leurs sentiments et leurs expériences de vie à l’aide de récits et de jeux de rôles, mais aussi à travers l’art, la musique, les jeux et d’autres formes d’expression. La réussite de cet organisme s’explique par son approche sensible et holistique dans son travail auprès des enfants et des familles.

On trouve le Teresa Group sur Internet à l’adresse www.teresagroup.ca

CAMP MOOMBA

Pour de nombreux enfants, vivre avec le VIH peut être un facteur d’isolement, qu’ils soient eux-mêmes séro­positifs ou affectés par sa présence dans leur famille. Ils peuvent avoir de la difficulté à trouver des copains qui comprennent ce qu’ils vivent. En Colombie-Britannique, les enfants dont la vie est touchée par le VIH ont un endroit où aller se détendre : le Camp Moomba. Depuis 1997, ce camp offre un lieu sûr et accueillant aux enfants et aux jeunes de 6 à 17 ans. Ils peuvent y trouver du soutien, se faire des amis et tisser des liens avec d’autres enfants connaissant des expériences de vie similaires.

Moomba est un mot aborigène de l’Australie qui signifie « se réunir et avoir du plaisir »; et le camp veille à coup sûr à ce que les participants s’amusent. On y fait du kayak, de la nage, de la pêche, de la musique, de l’escalade de rocher, des arts et du bricolage, du tir à l’arc et de la randonnée pédestre. Les campeurs plus âgés partent même camper pendant deux nuits.

Fonctionnant en partenariat avec le YMCA de Vancouver et la Western Canadian Pediatric AIDS Society, le Camp Moomba est situé à environ une heure de Vancouver, sur les rives d’Indian Arm, au cœur de forêts luxuriantes et de montagnes. Étant donné que plusieurs des familles dont les enfants participent au Camp Moomba n’ont pas les moyens de s’offrir un tel séjour, tous les frais de transport et du camp sont couverts.

Autrefois un camp de vacances d’été spécialisé pouvant héberger un maximum de 20 enfants, le Camp Moomba est à présent ouvert toute l’année et a accueilli plus de 100 enfants en 2008. Les liens d’amitié tissés lors de séjours estivaux peuvent continuer à se consolider lorsque les jeunes se retrouvent en hiver pour des activités du temps des Fêtes, des camps de ski ou des programmes de développement du leadership. Il arrive d’ailleurs couramment que les jeunes qui ont fréquenté le camp pendant leur enfance y retournent à l’âge adulte afin de devenir eux-mêmes des conseillers.

Pour en savoir plus, consultez www.campmoomba.com

Bien que votre organisme de lutte contre le sida local n’offre peut-être pas de ­programmes particuliers pour les familles, il pourra vous fournir du soutien, de l’information ou des recommandations. Consultez VIH411.ca ou téléphonez à CATIE au 1.800.263.1638 pour trouver un organisme près de chez vous.

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